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El Bokri

Texte : Hamma Hammami.
Photographes : Mohammed Taher Haddad, Rayen Touati.

Al Israr « la volonté …la détermination », Mohamed Ali Nefzi

Situé dans la délégation de Sidi Thabet, le quartier compte près de 4000 habitants ; à l’origine, raconte-on, une famille élargie de cette région rurale a acheté le terrain, l’a divisé en lot de terrains et y bâtit des logements pour les frères, les cousins, les cousines et autres proches ; chacun a acquis son lot. El Bokri est situé sur les hauteurs, sympathique en pleine verdure, l’horizon est visible des quatre coins ; seul inconvénient, il est attenant au centre de visite technique des véhicules, où entrent et sortent des centaines de voitures ; sinon, tout baigne, pas très loin, le grand centre commercial de la région est à un jet de pierre, des boutiques, un cinéma, des transports de tous genres ; juste à l’entrée d’El Bokri, une vaste Maison de jeunes, toute neuve, inaugurée peu de temps avant le confinement vous fait face, Marwan el Gasmi, son directeur est rassurant sur l’avenir de la commune, pour l’instant ses salles aménagées ne sont pas fréquentées, les jeunes ont encore des craintes des effets du covid-19, après les examens, et si l’épidémie serait rayée, ils vont revenir, tout est prêt. Il était une fois un quartier appelé El Bokri.

Aux vapeurs des autos alentour, aux vibrations des moteurs, le quartier oppose un silence musical, une quiétude d’une boutique à l’écart, les habitants rencontrés sembler abhorre les bruits et l’agitation d la ville. Du haut des terrasses, on devine l’apaisante verdure à perte de vue.

Pour El Bokri village, on utilise sciemment l’imparfait, parce le charme de l’environnement s’est transformé. Ce quartier calme, où la vie coulait entre habitants de même origine sociale et familiale, a changé d’aspect. On ne sait pas par quelle idée insensée, les autorités ont encerclé le quartier par d’innombrables et hauts immeubles de logements sociaux, semblables à ceux des cités industrielles…qui sont, depuis longtemps vides. Résultat, le quartier se trouve hérissé de blocs de béton sans charme, le nombre des futures populations sera trop important pour un quartier qui souffrirait du manque de certains services de base. En dépit de quelques remarques sur cette ceinture de béton, les habitants rencontrés donnent l’air d’être satisfaits de leur quartier, ils sont apparemment confiants et tranquilles sur le destin de leur commune.

Des rues proprettes, pas d’attroupements, des commerces, l’accueil des habitants est plutôt aimable, une petite placette, deux vieux devisent sur la chaleur qu’il fait, un marchand de fruits en débardeur blanc, range son étal, poliment, il dit ne pas avoir le temps de converser, un peu plus bas, une minuscule boutique affiche « Publinet » ; on pousse la porte, un jeune homme à barbe soigné, initie son très jeune fils à l’Internet, Mohamed Ali Nefzi vend des utilitaires, des cahiers, des crayons, des masques de protection ( covid oblige)…Cela fait dix ans qu’il habite le quartier, il est content, remercie les autorités pour tout ce qu’ils réalisent, une maison de jeunes, un terrain de sport, un environnement calme etc.

Un projet ? C’est un quartier d’avenir, dit-il, j’ai en tête d’ouvrir une salle multidisciplinaire, il y a un terrain non construit à proximité, j’ai postulé pour l’acquérir et en faire un working space, qui renfermerait une bibliothèque. Définir mon quartier en un mot ?, sans l’ombre d’hésitation « Al Israr » « volonté, détermination »