Vision Solidaire, l’image comme moteur de développement social.

Photographes: Amine Landoulsi – Hamideddine Bouali – Mohamed Amine Charbti – Yassine Missaoui

Tout le monde convient que la crise économique provoquée par le covid-19 a bouleversé la vision de la société ; depuis cette catastrophe qui a touché le monde entier et fragilisé les esprits, il y a dans l’air comme un soudain regain d’intérêt pour les valeurs portées par les mouvements solidaires.

Beaucoup d’institutions, de fondations, d’associations, n’ont pas attendu l’apparition du virus pour fonder un mouvement basé sur le concept de solidarité, Vision Solidaire en est un exemple approprié : depuis trois ans, la Maison de l’Image a lancé, avec le soutien de la  Fondation Drosos, un projet ambitieux qui a pour but de former des jeunes issus de milieux défavorisés aux métiers des arts visuels ;  stagiaires, formateurs, premiers responsables se sont jetés corps et âme dans la concrétisation de ce projet.

La formation rassemble à chacune des trois sessions d’un an, 30 jeunes issus de quartiers populaires du Grand Tunis et a pour but de les aider à renforcer leur expérience, mieux, à animer leur ambition, et surtout à leur donner les moyens techniques et théoriques pour intégrer la vie professionnelle.

La Maison de l’Image revendique deux expériences inédites de projet de fin de formation de deux sessions précédentes, le premier projet baptisé Baddel Essoura consiste à utiliser des photos, des vidéos et des illustrations pour montrer les faits d’armes des citoyens, héros qui font l’admiration de leurs proches et transforment leurs proches. Le deuxième projet s’appelle Fatchata. Quatre commerces et commerçants ont été choisis pour éclairer et faire valoir l’expérience qui consiste à croiser les points de vue et les regards portés par les jeunes et les riverains à travers les histoires des marchands choisis. Une exposition et un city tour en bus ont été organisés montrant au public les réalisations de Vision Solidaire dans le quartier.  La mise en place du troisième et dernier Projet de Fin de Formation, se base sur l’expertise acquise durant l’élaboration de ces deux projets.

Le projet Shawarie a mobilisé les jeunes, les a plongé dans 8 zones urbaines désavantagées et en pleine transformation du Grand Tunis à travers l’intervention de l’ARRU dans le cadre du PRIQH. Il s’agit des quartiers ; Sfaxi/ Oued Dabbegh à Douar Hicher dans le gouvernorat de Manouba, Bhar Lazreg à la Marsa dans le gouvernorat de Tunis ; Saïda/Ennassim à Oued Ellil, dans le gouvernorat de Manouba ; Chbebda à Fouchana/Naassen dans le gouvernorat de Ben Arous, Essaada à Mhamdia/Fouchana dans le gouvernorat de Ben Arous et El Bokri à Sidi Thabet dans le gouvernorat de l’Ariana.

Shawarie permet ainsi de mettre sous les projecteurs ces quartiers où les regards ne se portent pas habituellement, de donner l’opportunité aux habitants de se présenter et de présenter leur quartier comme eux les connaissent, de témoigner des transformations urbaines actuelles, représentatives des transformations que connaissent un bon nombre de quartiers à travers tout le territoire.